Au fond, ce que j’aime avec les comédies débiles, c’est qu’au contraire de TF1 par exemple, leur bêtise, leur idiotie n’est pas cachée. Mieux, elle constitue la pierre angulaire de l’œuvre : le débile affiché, sublimé, le débile libéré. Après, ça marche ou ça ne marche pas, mais laissons les pingouins accomplir leur tâche : elle est difficile, longue et rude, mais un slip propre vaut bien quelques sacrifices…
« C’est peut être moi qui ai traité le Dalaï Lama de vieille taupe ? »
Au départ, une question : « Hey Mec, elle est où ma caisse ? », notez que cette question a quelque chose de terriblement angoissant, comme le cri existentiel d’un homme perdu qui cherche son radeau dans un océan déchaîné. La caisse comme un refuge, un repère, le chaînon manquant, la réponse qui fera que tout ira bien.
Au final : un film, ou plutôt un navet incroyable. Un navet voulu, un navet cultivé avec amour, un navet grand cru qu’il faut savoir déguster à sa juste valeur.
« Je vais te dire ce qui est urgent :
5 stripteaseuses qui font du hip hop »
Sale soirée pour Chester et Jesse, au matin, ils ne se rappellent plus de rien. Un barbu qui vit avec eux, mais qu’ils ne connaissent pas, se réveille, il pisse sur les plantes vertes et leur dit « à demain », avant de repartir se coucher.
C’est l’anniversaire de leurs copines, deux jumelles. Ils ont acheté des cadeaux, qui doivent se trouver dans la voiture. Seul hic, quant ils sortent, aucune trace de la caisse…La quête pour la retrouver peut commencer. Il va s’agir de reconstituer le puzzle, de savoir exactement quels ont été les évènements de la veille. Les vannes du n’importe quoi vont alors s’ouvrir en grand…
« Je ne dirai qu’un mot : gestions des pulsions de violence »
Jesse et Chester vont découvrir plein de trucs et rencontré un tas de gens bizarres : un strip teaser transsexuel, une mallette avec 200 000 dollars, un disrupteur dimensionnel, un fast-food chinois fou, une secte d’adolescents, 5 filles canons, un chien qui fume de l’herbe, des autruches raptors, un béarnais, une super alien géante…
C’est du grand n’importe quoi, mais vraiment. Et le pire c’est que c’est absolument maîtrisé de bout en bout. Aussi invraisemblable soit-elle, l’histoire s’enchaîne naturellement, ça ne choque même pas, preuve qu’il y’a du talent derrière le film.
Gags répétitifs à l’extrême façon Steve Reich sous gaz comique, phrases cultes lâchées au kilo, situations burlesquo-débilo-maniaco-post ado, scénario qu’on croirait écrit sous acide, ce film est une expérience dans le domaine de la connerie, et c’est génial.
« Classe vos fringues !
- C’est pas des fringues, mais des scaphandres spatiaux. »
La connerie deviendrait presque une œuvre d’art, un Pompéi qui resurgirait des laves, un Jacques Chirac qui ferait un 3ème mandat…J’ai oublié de le préciser mais ce film est vraiment très drôle, en plus d’être très barré…le mot de la fin : « Hey mec ! Elle est où ma phrase de conclusion ? »
