Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /Jan /2007 16:52

Au fond, ce que j’aime avec les comédies débiles, c’est qu’au contraire de TF1 par exemple, leur bêtise, leur idiotie n’est pas cachée. Mieux, elle constitue la pierre angulaire de l’œuvre : le débile affiché, sublimé, le débile libéré. Après, ça marche ou ça ne marche pas, mais laissons les pingouins accomplir leur tâche : elle est difficile, longue et rude, mais un slip propre vaut bien quelques sacrifices…

« C’est peut être moi qui ai traité le Dalaï Lama de vieille taupe ? »

Au départ, une question : « Hey Mec, elle est où ma caisse ? », notez que cette question a quelque chose de terriblement angoissant, comme le cri existentiel d’un homme perdu qui cherche son radeau dans un océan déchaîné. La caisse comme un refuge, un repère, le chaînon manquant, la réponse qui fera que tout ira bien.



Au final : un film, ou plutôt un navet incroyable. Un navet voulu, un navet cultivé avec amour, un navet grand cru qu’il faut savoir déguster à sa juste valeur.

« Je vais te dire ce qui est urgent :
5 stripteaseuses qui font du hip hop »

Sale soirée pour Chester et Jesse, au matin, ils ne se rappellent plus de rien. Un barbu qui vit avec eux, mais qu’ils ne connaissent pas, se réveille, il pisse sur les plantes vertes et leur dit « à demain », avant de repartir se coucher.

C’est l’anniversaire de leurs copines, deux jumelles. Ils ont acheté des cadeaux, qui doivent se trouver dans la voiture. Seul hic, quant ils sortent, aucune trace de la caisse…La quête pour la retrouver peut commencer. Il va s’agir de reconstituer le puzzle, de savoir exactement quels ont été les évènements de la veille. Les vannes du n’importe quoi vont alors s’ouvrir en grand…



« Je ne dirai qu’un mot : gestions des pulsions de violence »

Jesse et Chester vont découvrir plein de trucs et rencontré un tas de gens bizarres : un strip teaser transsexuel, une mallette avec 200 000 dollars, un disrupteur dimensionnel, un fast-food chinois fou, une secte d’adolescents, 5 filles canons, un chien qui fume de l’herbe, des autruches raptors, un béarnais, une super alien géante…

C’est du grand n’importe quoi, mais vraiment. Et le pire c’est que c’est absolument maîtrisé de bout en bout. Aussi invraisemblable soit-elle, l’histoire s’enchaîne naturellement, ça ne choque même pas, preuve qu’il y’a du talent derrière le film.



Gags répétitifs à l’extrême façon Steve Reich sous gaz comique, phrases cultes lâchées au kilo, situations burlesquo-débilo-maniaco-post ado, scénario qu’on croirait écrit sous acide, ce film est une expérience dans le domaine de la connerie, et c’est génial.

« Classe vos fringues !
- C’est pas des fringues, mais des scaphandres spatiaux. »

La connerie deviendrait presque une œuvre d’art, un Pompéi qui resurgirait des laves, un Jacques Chirac qui ferait un 3ème mandat…J’ai oublié de le préciser mais ce film est vraiment très drôle, en plus d’être très barré…le mot de la fin : « Hey mec ! Elle est où ma phrase de conclusion ? »

Par etienne - Publié dans : comédie (popcorn)
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /Jan /2007 12:05

Il était temps de s’y remettre, de troquer la tenue du réveillon contre la panoplie Cut Director : une coupe de champagne, on se fait la bise, on se souhaite la bonne année et on fait le bilan. (« le temps passe comme les voitures »)
Evidemment, je n’ai pas tout vu, y’aura des oubliés que je tenterais de ne pas oublier l’an prochain, mais trêve de blabla…



Le Podium :

1. Miami Vice de Michael Mann

2. The Devil’s Rejects de Rob Zombie

3. The Host de Bong Joon-ho


Trois films ancrés dans une certaine tradition cinématographique et en même temps tournés vers la modernité, grand public et barré à la fois, c’est tout ce que j’aime et pas besoin de MacDo pour ça.

4. Le Samouraï du Crépuscule de Yoji Yamada

Trop méconnu, trop passé inaperçu, et pourtant trop beau…

5. Transamerica de Duncan Tucker

6. Les Berkman se séparent de Noah Baumbach


Deux films intimistes et émouvants 

7. V pour Vendetta de James McTeigue

Sans doute la meilleure adaptation de comic book à l’écran, classe.


8. A Bittersweet’s Life de Kim Jee-Woon

Sushis à la bolognaise avec des frites

9. Takeshis’ de Takeshi Kitano

On peut en dire tout le mal qu’on en veut, ce film a le truc qui fait que je l’aime : la liberté.

10. Borat de Larry Charles

On en a trop parlé, mais quand même…



Et pour la route, un petit top loose ultime aka Fallait pas les tourner.

1. Superman Returns de Bryan Singer

Vous vous souvenez la pub « Reviens j’ai les mêmes à la maison », avec ce Superman, ça devient : « Reste chez toi et garde tes collants ».

2. Le Dahlia Noir de Brian de Palma

Brian, j’espère que tu as pris la thune et que tu es allé te saouler au Mexique.

3. C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallee

Une pub pour les anti-dépresseurs grandeur nature ou bien une ode à ceux qui passé 30 ans font encore pipi au lit. C’est bon maintenant, on le sait que toutes les familles sont psychotiques et que la vie c’est moche…

En route pour 2007 et comme le disait Dick Rivers :

« J'ai repris ma Cadillac
Mes cheveux plaqués derrière mes Ray-Ban
Même les clous de mon blouson
Avaient peur de n'être plus de saison »

Par etienne - Publié dans : syndicats des objets perdus
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Vendredi 29 décembre 2006 5 29 /12 /Déc /2006 17:10

Je me rappelle d’une phrase de Roselyne Bachelot qui sonnait du style :
« J’aime Chirac, je suis d’accord avec lui même quant il a tort »

Et bien moi, avec Kitano c’est pareil, j’aime ce type même lorsque je n’aime pas plus que ça ses oeuvres. De là à dire que j’ai des points communs avec Roselyne Bachelot, je ne sais pas… Quoiqu’il ne faudrait pas sous-estimer cette femme, en devenant ministre, elle a prouvé que le surnaturel existait pour de vrai.

Mais revenons-en à nos animaux domestiques, et au sujet de ce billet, c’est à dire Kitano. J’aime ce mec parce qu’il a en lui quelque chose de précieux à mes yeux, je pourrais appeler ça : la franchise. Une franchise mêlée à une sensibilité toute particulière.



Certes, c’est simpliste, schématique et raccourcitique, mais dans ses films, j’ai toujours ressenti le fait que Kitano suivait ses envies en se foutant du reste. On vit une époque de langue de bois, de concessions, de phrases mâchées, à croire que le naturel et sa nudité font peur.

C’est peut être pour ça que j’aime le Beat, parce que derrière la représentation, il y’a quelqu’un de vrai, comme lorsqu’Henry Miller baptisait un de ses livres : « Je ne suis pas plus con qu’un autre. »

Et puisque je parle de livre, je vais peut être commencer à parler d’Asakusa Kid.
Retour sur ces jeunes années : un jour, le futur réalisateur de Sonatine a comme une révélation et il se dit « je veux devenir comédien, ouais, comédien ». Il a autour des 25 ans, pas de situation, un peu à la rue quoi.



Alors il écume le quartier des théâtres : Asakusa, dans Tokyo. Il se présente dans un club qui s’appelle Le Français, explique son cas, on lui répond : « ok, mais pour l’instant tout ce qu’on peut te proposer, c’est un poste de garçon d’ascenseur ».

Banco, il faut bien commencer par quelque chose…
En fait, Le Français est avant tout une boîte de strip-tease, et entre les spectacles dénudées, des comiques y jouent des sketchs. Mais surtout cette boîte est tenue par un comédien à l’ancienne : Senzabura Fukami, un maître qui a une vision bien particulière de son métier :


« Tu sais ce que c’est un artiste, Take, et bien, c’est quelqu’un qui possède un art comme personne d’autre, que ce soit dans les claquettes, les scènes de combat au sabre, le chant, etc. Sinon moralement, il n’a pas le droit de se montrer sur scène. »



Le vieux dandy va prendre sous sa coupe le jeune Kitano…
Plus qu’une autobiographie, Asakusa Kid est avant tout un hommage de Kitano pour son maître et son enseignement. Car à travers le récit, on voit à quel point cela a influencé sa carrière. On comprend mieux aussi sa diversité : peintre, réalisateur, acteur, comique, écrivain… Ces choix ne sont pas des gadgets ou des caprices, mais ils forment un tout, définitivement complémentaire.

Et puis, on suit également les coulisses de cette boîte : les danseuses généreuses qui donnent à manger aux jeunes, le maître et son goût pour le jeu, les incidents, les joies, les peines. On y voit également la vie d’un quartier, Asakusa, avec ses personnages, ses situations rocambolesques. C’est souvent drôle, parfois un peu triste, forcément, mais Kitano décrit tout cet univers avec beaucoup de pudeur et d’humanité. On s’attache à ses lignes, l’émotion gagne du terrain petit à petit, on en ressort bouleversé sans trop s’en rendre compte. C’est beau et la beauté est une chose rare…mais laissons la dernière parole à son auteur :


« Hé, la grand-mère là-bas, écoute bien mon manzaï au lieu de faire la morte comme ça ! »

P.s. : C’était mon dernier article pour 2006, je vais partir quelques jours fêter la fin d’année. Donc je vous laisse les clés, tout est à disposition : les archives en guise d’amuse-gueules…
Je souhaite à tous un super réveillon, pas de bêtises sur les routes, de la sagesse mais pas trop, et puis beaucoup d’amour. Rendez-vous en 2007 pour la suite des festivités !
Grosses bises en forme de nœud Pape…. See y’all !

Par etienne - Publié dans : livre adapté (cacahouete)
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /Déc /2006 19:55

Ce n’est jamais évident de parler d’un monument, et lorsque c’est un monument qu’on a aime à la folie, les mots ont encore plus de mal à sortir du clavier : la peur de ne pas bien retranscrire le ressenti, ne pas être à la hauteur (Calogero Style), vraiment pas facile. Mais, trêve de lamentations gratte papier, c’est parti pour le saut à l’élastique.



Pour une fois, je préfère le titre français au titre anglais : King of Comedy, oui, La Valse des Pantins, un programme évocateur, tentant comme une jolie brune aux yeux bleus…so private life

Rupert Pupkin (ça c’est un nom) veut devenir comique. Il a pour idole/modèle : Jerry Langford, comique lui même dans un show télé qui s’appelle logiquement le Jerry Langford Show.

Pourquoi Pupkin aime autant t-il Langford ?
Pour son talent ou sa célébrité et ce qu’elle représente ? Un peu des deux sans doute, quoiqu’il en soit la fascination qu’il éprouve est étrange. Etrange ou plutôt profonde, car à travers elle, c’est tout un air du temps qui s’engouffre dans le film.

Les 5 minutes de gloire offertes à tous, prophétisées par Warhol, ne sont pas loin, la télé réalité et ses fantasmes non plus. Oui mais la gloire pourquoi faire ? Ce n’est pas l’argent ou la célébrité qui attire Pupkin, mais plutôt le besoin de reconnaissance et d’acceptation : être quelqu’un et que les autres le sachent, le veulent.



Comme si la renommée gommait le vide existentiel et ses frustrations, comme si elle résolvait tout comme par magie : un nouvel Eden où tout est luxe, calme et volupté…

Pupkin est l’aspirant, et Langford l’aspiré.
Lui est parvenu à ce que l’autre désire. Et pourtant, il semble triste, blasé, à bout, cadenassé dans une bulle de savon qui serait remplie d’un gaz désespérant. L’envers du décor, la parallèle qui efface les lignes et les rêves. Il ne reste plus alors que le vide, que chacun, à sa manière, essaie de combler.

Ce qui est fou, c’est que Scorsese parle de ces sujet, graves et actuels, avec un détachement incroyable : aucun effet prétentieux, aucun tapinage, mais juste une profonde sensibilité qui traverse cette histoire. Là où un Oliver Stone, avec Tueurs Nés par exemple, en fait des tonnes pour dire tout, son contraire et n’importe quoi, Monsieur Scorsese suggère pour mieux érectiliser l’esprit.



Il y peint ici des scènes fabuleuses : lorsque Pupkin parle avec des mannequins people, ou lorsqu’il fait son show devant un public en papier mâché, le ridicule croise le tragique, le wanna be devient un Don Quichotte télévisuel.

Ca va de soit, les acteurs sont géniaux. De Niro, qui campe Pupkin prête tout son talent à ce personnage naïf, fou, et attachant. Pareil pour Jerry Lewis avec Langford, et Diannhe Abott en groupie hystérique.

La Valse des Pantins c’est comme une rencontre improbable entre l’univers de Woody allen et celui de Stanley Kubrick : un univers drôle, ridicule, et pathétique, un monde désespéré, fou et décadent, et au centre, des hommes qui se débattent encore et encore…
LES CAMERAS ONT SOIF !

Par etienne - Publié dans : inclassable (ice cream)
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 25 décembre 2006 1 25 /12 /Déc /2006 21:16

C’est un fait, cela fait bien longtemps que le sport ne se limite plus au seul cadre des stades. Les dieux du stade sont devenus des symboles : médiatiques, idéologiques, et forcément politiques. Quelque part, c’est terriblement inquiétant, comme si la performance sportive devenait un engagement, un signe de ralliement, porteur d’idées et d’idéaux.

Dès le départ, les valeurs du sport sont ambiguës : travail, discipline, dépassement de soi certes, mais aussi culte du corps, culte de l’exploit, culte tout court. Les dérives qui en suivent sont logiques. Le sport de haut niveau est dangereux pour la santé, est-il dangereux pour l’esprit ?

Ce n’est pas à proprement parler le sujet de When we were Kings, non ce doc zoome sur Mohammed Ali et le combat historique qui l’a opposé à Georges Foreman en 1974. Cependant à travers ce sujet, le rapport sport/média/poltique se pose dans toute sa complexité. Mais reprenons…



Tout une époque : les années 60, politisées à mort (voir le doc sur le Weather Underground), faites de luttes multiples ayant comme trait commun : l’idée de libération. Les USA se prirent alors tout « leurs travers » dans la gueule et c’était bien mérité. Ainsi, La lutte des noirs pour leurs droits fut plus que légitime dans ces contrées racistes et ségrégationnistes.

Forcément de grandes figures émergèrent, des leaders politiques : Malcom X, Martin Luther King,  des personnalités emblématiques : James Brown, Mohammed Ali…


« On me répète : "Mohammed, tu n'es plus comme il y a 10 ans." J'ai demandé à ta femme, elle a dit que tu n'es plus le même qu'il y a 2 ans ! »



Mohammed Ali donc, boxeur génial, et grande gueule invétérée qui clamait haut et fort à la face de l’Amérique : « je suis black, je suis beau, je suis fort, je viens d’Afrique et j’en suis fier ». Condamné pour avoir refusé de participer à la guerre du Vietnam, il fut un champion, un personnage charismatique, un symbole légitime mais peut être aussi, à son insu, une marionnette.

En 1974, on le disait : vieux, fatigué, grillé comme Chirac en 2002. Lui voulait encore prouvé qu’il était là, prêt à défier n’importe qui sur le ring, y compris le jeune champion au punch monstrueux : Georges Foreman. L’électrique Don King sortit le grand jeu pour organiser le combat du siècle.

Foreman contre Ali, la vieille légende contre le jeune téméraire, le danseur contre le cogneur, la verve contre le silence, le feu contre la glace. Le cadre de ce combat se devait d’être particulier. A coup de dollars, ce fut le Zaïre de Mobutu qui fut choisit. L’Afrique symbolique, l’Afrique maternelle, l’Afrique corrompue et monstrueuse aussi.

« Hier soir j'ai éteint la lumière, j'étais au lit avant qu'il fasse noir ! »



Jamais sans doute, le sport ne fut aussi près de la politique, jamais aussi le sport ne fut aussi beau et aussi laid à la fois. Laid, car il s’associa à une dictature immonde, une dictature africaine prête à dépenser des sommes folles pour faire sa promotion et sa propagande à travers cet évènement sportif.
Anecdote tragique : sous le stade où le combat eu lieu se trouvait une prison où des gens ont été exécutés en masse.

Malaise, malaise, comme si la cause noire se perdait elle-même dans ses paradoxes, comme si elle embrassait ce qu’en même temps elle dénonçait : le n’importe quoi absurde, dérangeant, fascinant et révoltant.

Reste le sport, et là, c’est incroyablement beau.
Tout le monde prédit la chute d’Ali, une chute rude, sans pitié, un abattoir. Lui-même, est terrifié, la grande trouille, alors il parle et parle encore, dit qu’il va démonter son adversaire, que cela ne fait aucun doute, mais au fond, il sait que Foreman est fort, jeune, rapide, et que ses chances sont minces.



« J'ai coupé des arbres, j'ai fait quelque chose de nouveau. Je me suis battu contre un alligator. Oui, un alligator, et j'ai lutté contre une baleine ! J'ai attrapé un éclair, emprisonné la foudre ! Je suis dangereux ! La semaine dernière, j'ai tué un roc, blessé une pierre, envoyé une brique à l'hosto ! Je suis pire que tout ! »

Le ring se transformera en scène où le spectateur verra à la fois ses envies, ses fantasmes, ses craintes, ses dégoûts, une apothéose, une chute…oui une grande scène où la comédie humaine se boxe…entre deux états : un corps qui tombe et un autre qui reste debout. When we were Kings, c’est celà : des rêves qui s’élèvent dans les cieux, d’autres qui se roulent par terre.
Fascinant.

Par etienne - Publié dans : documentaire (milk shake)
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus