Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /Nov /2006 22:59

Dans une relation, la rupture est le moment où tout explose : le couple bien entendu, mais aussi les frustrations, les incompréhensions, les rancœurs, tous les sentiments accumulés, restés en travers de la gorge, et rendant la séparation inéluctable… C’est le sujet de base des Berkman se séparent et…

 
Joan et Bernard sont ensemble depuis plus de 15 ans. Lui, c’est un écrivain sans public et sans éditeur, intellectuel barbu avec la Volvo achetée à crédit, super cultivé, super rigide, voire super relou. Elle, c’est une fraîche écrivain qui rencontre depuis peu un succès d’estime, stressée, indécise, et avec pas mal d’amants dans le manège de son lit.

Leur vie sentimentale commune s’est dégradée et ils décident de se quitter. Oui, mais au milieu, il y’a leurs deux fils. Et c’est là, où tout devient complexe…le couple vole en éclat, la cellule familiale avec, mais aussi le socle modèle de la madone et du patriarche. Tout se déstructure, y compris la personnalité des deux enfants : Frank et Walt.



Le sujet n’est pas nouveau, on le retrouve dans la plupart des comédies romantiques menthe à l’eau, mais ici, il est traité avec un grand réalisme psychologique. La douleur des deux êtres ex aimants est entrevue, reste leur âme chaire qu’ils se déchirent à petit feu. Mais surtout, ce sont les dégâts « collatéraux » sur les enfants qui apparaissent.

Comment se représenter ses parents quand leur image devient brouillée et insalubre ? Car, à travers cette rupture, ce changement, c’est aussi le regard des enfants, sur le monde et sur eux mêmes, qui s’en trouvent bouleversé. Perte de repère….L’un se range du côté de la mère, l’autre du côté du père, chacun choisit son modèle et, bon gré mal gré, suit son exemple.

J’ai beaucoup aimé ce film. Au départ, j’avais un peu peur d’une « comédie dépressive » à la C.r.a.z.y, La Vie Aquatique ou autre Famille Tanenbaum, point du tout, c’est fin et émouvant. Derrière le divorce, le poids parental pèse sur l’épanouissement des enfants, tiraillés désormais entre 2 sons de cloche différents.


La figure du père est au centre du truc. Campé par l’excellent Jeff Daniels, son aigreur, son élitisme stupide, et sa rage contre lui même étouffent tout sur son passage, dévastateur… On se dit, que justement, les parents ne devraient pas communiquer leurs névroses à leurs progénitures et pourtant…

Un film, dans la pure tradition du cinéma Us indépendant : toujours en retenu, intimiste tout en évitant le regard voyeur racoleur, touchant sans être larmoyant, bref un très bon film sur un sujet sensible et diablement intéressant. Reste l'ultime question : qui gardera le chat ?

Par etienne - Publié dans : romantique (barbe à papa)
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Samedi 11 novembre 2006 6 11 /11 /Nov /2006 01:07

Cet été, j’avais déjà parler de Jumeaux. Avec Junior, on prend les mêmes et on recommence : Ivan Reitmann à la réalisation, le duo d’enfer : Arnold Schwarzenegger/ Danny De Vito et en prime Emma Thompson (gros plus !)


Junior n’est pourtant pas une suite de Jumeaux, ou plutôt si, c’est une suite, mais totalement ésotérique, dans la même veine débile géniale et surnaturelle.
Cette fois-ci, Schwarzy et Danny ne sont plus frères, mais juste collaborateurs. Alors, ils collaborent (c’est normal) sur un projet scientifique. Grosso Modo, il s’agit de rendre les femmes stériles, fertiles.

Pas plus compliqué que ça, l’ennui c’est que les vilains du ministère vont leur couper les vivres. Toute solution a un problème, c’est sûr, alors, pour palier à ce coup du sort, Schwarzy va tout simplement s’injecter sa formule et tomber enceinte.

Oui, oui oui, Super Arnie enceinte, c’est possible comme la Sncf. A partir de là, tout est permis, même devenir gouverneur de la Californie. Reste le film et quel film…



Je ne sais pas où on peut trouver de telles idées : un lendemain de cuite ? l’abus de drogue ? trop de matages de soap opera U.S ? ou alors un trauma engendré par une fac de médecine ratée ? Quoiqu’il en soit, il ne faut rien changer, parce que ça m’a fait chialer de rire.

Reprenons…
Arnold Schwarzenegger enceinte donc : son corps change, et ce n’est pas sale. Il découvre la grossesse, et en même temps, sa part de féminité cachée : sensible et attentionné sous les gros muscles. Plus surréaliste qu’André Breton.

Comme il va avoir besoin qu’on s’occupe de lui : c’est limite chambre commune avec Danny De Vito. Les 2 copains semblent à l’aise en mini couple : Arnold le ventre gros, en femme de maison parfaite, Dan en homme occupé qui délaisse le foyer. Ça marche comme Jésus sur l’eau qui aurait des nike aux pieds.

Emma Thompson trouve sans mal sa place, en femme un peu gauche, un peu rêveuse et terriblement attachante. D’accord, c’est de la grosse comédie n’importe quoi, mais elle joue vraiment bien la madame.



Mais celui qui irradie de sa « présence », c’est bien entendu Arnold l’Autrichien. Il va loin le bougre, plus profond dans l’absurde que Cousteau sous l’eau. N’hésitant pas à se travestir et aller au bout de son rôle comme de sa grossesse : à la césarienne de l’humour.

Ouais ma couille, faut oser faire ce qu’il fait, et, il le fait bien. J’étais plié de rire comme un clic-clac. Sans mentir, c’est de la sublimation de genre : pousser la comédie jusqu’à son paroxysme ultime, briser le ridicule et le débile pour donner naissance à une œuvre qui dépasse notre perception.

Dans le style, ces mecs avaient tout de même du talent à revendre. Ils remplissaient sans mal la charte basique de tout bon film comique : faire pleurer de rire. Garantie après-vente.

Par etienne - Publié dans : comédie (popcorn)
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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 22:59

Dans la série « découverte de film culte », j’invoque Clean, Shaven. Réalisé en 1994 par Lodge H. Kerrigan, cette œuvre garde, aujourd’hui plus que jamais, toute sa puissance émotionnelle et psychique. Normal, c’est du film « in your face » qui laisse, après visionnage, la balafre du gitan sur le visage (cf Frank Ribery).



Peter Winter est schizophrène, il s’échappe de son asile pour partir à la recherche de sa fille, qui, entre temps, a été adoptée. Au même moment, des petites filles vont être retrouvées assassinées. Peter Winter se cache, à coup de papier journaux sur les vitres de sa voiture, il se mutile aussi, comme si le poids de la culpabilité devenait trop lourd.

Tout cela m’a fait penser à Bergman (par rapport à Persona), à Lynch (entre Eraserhead et Blue Velvet), à Scorsese (pour The Big Shave)…que des grands noms, et pour cause c’est du grand film.

Plus qu’un film même, Clean, Shaven nous donne l’impression de fixer des images mentales et inconscientes qui s’animent entre elles, pour créer un monde où l’imaginaire rencontre la folie. Nous suivons l’action avec les yeux du schizophrène, ou plutôt, avec son esprit.



Et c’est cela, peut être, qui est le plus troublant, car le monde devient alors une menace où le malaise et la souffrance sont quasi-permanents : dans le fait de beurrer une tranche de pain comme de croiser quelqu’un en voiture. Lodge H. Kerrigan capture cela, en donnant l’impression de s’effacer complètement, mais en fait, il est partout et dirige l’ensemble de main de maître.

Par ses plans, son traitement, sa subjectivité, et son talent, il m’a plus claqué que Benny Hill.

Sa caméra est juge puis coupable, et les alternances de l’un à l’autre se font sans soubresaut. Tout paraît naturel, fluide, dans cette folie orchestrée. La bande sonore renforce cette atmosphère, à tel point qu’elle finit par s’y confondre. Et que dire des acteurs, ils sont plus vrais que Jennifer Lopez et Ja Rule dans le morceau : « I’m Real ». Tellement bons, que par empathie, j’ai eu mal pour Peter Green qui joue l’homme au mental malade.



Des bruits, des odeurs (Jacques Chirac style), et une vision où tout se regroupe et où tout se perd. Stop le blabla, ce truc est incroyable, envahissant ; il reste dans le bide un bon moment, remue les tripes, atomise le cerveau…. Ce n’est plus du cinéma, ou de l’art, mais une plongée dans un inconscient à cœur ouvert. Balafre, Balafre…

Des articles qui en parlent super bien :
Par quelqu’un qui s’appelle Charlotte
Par quelqu’un qui s’appelle Figo

Par etienne - Publié dans : inclassable (ice cream)
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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /Nov /2006 22:40

Voilà un film qui fait parler de lui, reste à savoir si c’est justifié ou non.

Direction 2027, le monde ne tourne plus très rond : pollution, politique sécuritaire à l’excès, immigration répressive, ville de non droit, terrorisme, mais surtout l’humanité est frappée de stérilité : la survie de l’espèce est donc stoppée nette.

Dans ce chaos : un homme se débat : Théo (Clive Owen). Comme il le dit : « il se réveille avec un moral de merde et va au boulot avec un moral de merde ». Alors, de temps en temps, il va voir son père : Jasper (Michael Caine), qui vit au milieu de la forêt. Cultivateur de weed, et philosophe hippy, le papa sait lui remonter le moral en question.



Et un puis un beau jour, son passé, personnifié par son ex, avec qui, il a eu un enfant, lui revient dans le visage. Elle fait partie d’un groupuscule révolutionnaire : Les Poissons. Elle lui demande un coup de pouce ou d’index pour faire passer la frontière à une jeune black clandestine. Surprise, surprise et Marcel Béliveau, alors que le monde est devenu stérile, la jeune femme est enceinte. Elle a besoin d’aide, comme les Beatles, et en effet, les dangers vont se succéder… Voilà pour la spirale intrigue.

Il faut dire que l’univers développé dans le début du film prend à la gorge : c’est une vision plausible du futur (dixit les mots de ma fiancée). La majorité des angoisses actuelles y sont incorporées : crise écologique, politique, terroriste et existentielle :« si l’espèce humaine est vouée à disparaître, alors pourquoi continuer ? »



Ça m’a posé un problème ce futur angoissant, vision personnelle ? ou récupération opportuniste de thèmes en vogue ? On peut se poser la question, Jean-Pierre Foucault est pour. Mais ne faisons trop pas la fine bouche, ce futur a de la gueule et c’est bien réalisé (cf la séquence de ouf dans le camp des réfugiés).

Le problème de ce film est que c’est un soufflé qui se dégonfle ou une Haagen Dasz qui fond au soleil de nos yeux. Posage d’action, d’univers super prenant, je me dis « il y’aura de la réflexion politique, une explication de toute cette merde, je ne sais pas, une vision acerbe de notre société »… nan, nan, nan, le mec chargé de ça ne pouvait pas, il avait piscine.



A la place, on a un survival en mini road movie. C’est bien, hein, ça montre à quel point la vie peut être précieuse et qu’il faut la préserver. Mais, privilégier l’action à une certaine réflexion sur ce genre de sujet, ça m’a déçu. Les corones, mon colonel, jusqu’au bout…

Alors oui, les Fils de l’Homme est un bon film, qui a sa part de bons moments, mais il laisse sur sa faim comme un film érotique. C’est comme les émissions de vulgarisation scientifique, ça sensibilise, et c’est cool, on va pas en dire du mal, mais en même temps, c’est dommage d’en arriver là. Quitte à vraiment flipper, je crois que je vais tenter d’aller voir Une vérité Qui Dérange , parce qu’on m’a dit que c’était le 3ème opus de La Vérité Si je Mens….

Par etienne - Publié dans : action (clap clap)
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Samedi 4 novembre 2006 6 04 /11 /Nov /2006 10:20

Nacho est moine et cuisinier dans un monastère . Sa bouffe n’est pas terrible et pour cause, il n’a pas assez d’argent pour acheter des produits frais.

« Est-ce que tu te rends compte que je souffre de diarrhée depuis la semaine sainte ? »

En plus, il est aussi mal considéré que Bill Laimbeer. Pas facile, pas facile et encore moins quant une nonne jeune et jolie entre dans la communauté. Alors en secret, il se rêve luchador, lutteur, aimé et respecté.

« Yé sait que les lutteurs sont entourés de très jolies filles. On leur donne des cadeaux aussi, comme des crèmes et des lotions. Mais, ma vie est cool, super cool. C’est vrai, je me lève à 5h tout les matins et yé fait la soupe. C’est super et j’adore ça, et yé vais pouvoir dormir seul dans mon lit le reste de ma vie, c’est fantastique. »



Pour sauter le pas, il va faire équipe avec Esqueleto, voleur de chips à la sauvette. Moine, le jour et lutteur la nuit, aux yeux du Seigneur, les 2 choses sont incompatibles, car la lutte est une vanité. Malgré cela, Nacho va combattre masqué et tenter, comme Jean Jacques Goldman, d’aller jusqu’au bout de ses rêves.

« C’est un gitan des mers. Il sait où trouver des œufs d’aigles. »

Toute l’histoire est tirée d’une true story, mais ça, c’est juste pour dire… Clairement cheap, Super Nacho est super comme du carburant. Vraiment génial, une sorte de Don Quichotte croisé à un Batman loose à l’âme fluo. Les moulins à combattre sont au fond de ce drôle de moine : accepter sa nature réelle, non pas pour soi-même, mais pour les autres.

« Quant on est un homme, parfois, on porte des pantalons moulants, seul dans sa chambre, juste pour rien. »



Niveau comique, c’est très fort, tout en second degrés, parfois en burlesque, parfois en gros sabot, mais, toujours dans le mille. Beaucoup plus profond qu’il n’y paraît au premier abord, le film peut se lire comme un conte émouvant, enfantin aussi, et drôle avant tout.

Attachant sans sado-masochisme.

Jack Black, qui campe Nacho, crève l’écran avec une présence à part : frisé, gras du bide, et barbu, il allie dérision, ridicule et émotion. Son Sancho Panza : Esqueleto, est parfait aussi, la nonne pareil, bref c’est 90 minutes de bonheur.

Super Nacho a toujours la petite idée en plus qui donne à chacune de ses scènes un vent frais et chaud, un sens multiforme, un truc qui touche quoi. Pour conclure, ça met la banane comme les Forbans…

Par etienne - Publié dans : comédie (popcorn)
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