Dans une relation, la rupture est le moment où tout explose : le couple bien entendu, mais aussi les frustrations, les incompréhensions, les rancœurs, tous les sentiments accumulés, restés en travers de la gorge, et rendant la séparation inéluctable… C’est le sujet de base des Berkman se séparent et…
Joan et Bernard sont ensemble depuis plus de 15 ans. Lui, c’est un écrivain sans public et sans éditeur, intellectuel barbu avec la Volvo achetée à crédit, super cultivé, super rigide, voire super relou. Elle, c’est une fraîche écrivain qui rencontre depuis peu un succès d’estime, stressée, indécise, et avec pas mal d’amants dans le manège de son lit.
Leur vie sentimentale commune s’est dégradée et ils décident de se quitter. Oui, mais au milieu, il y’a leurs deux fils. Et c’est là, où tout devient complexe…le couple vole en éclat, la cellule familiale avec, mais aussi le socle modèle de la madone et du patriarche. Tout se déstructure, y compris la personnalité des deux enfants : Frank et Walt.
Le sujet n’est pas nouveau, on le retrouve dans la plupart des comédies romantiques menthe à l’eau, mais ici, il est traité avec un grand réalisme psychologique. La douleur des deux êtres ex aimants est entrevue, reste leur âme chaire qu’ils se déchirent à petit feu. Mais surtout, ce sont les dégâts « collatéraux » sur les enfants qui apparaissent.
Comment se représenter ses parents quand leur image devient brouillée et insalubre ? Car, à travers cette rupture, ce changement, c’est aussi le regard des enfants, sur le monde et sur eux mêmes, qui s’en trouvent bouleversé. Perte de repère….L’un se range du côté de la mère, l’autre du côté du père, chacun choisit son modèle et, bon gré mal gré, suit son exemple.
J’ai beaucoup aimé ce film. Au départ, j’avais un peu peur d’une « comédie dépressive » à la C.r.a.z.y, La Vie Aquatique ou autre Famille Tanenbaum, point du tout, c’est fin et émouvant. Derrière le divorce, le poids parental pèse sur l’épanouissement des enfants, tiraillés désormais entre 2 sons de cloche différents.
La figure du père est au centre du truc. Campé par l’excellent Jeff Daniels, son aigreur, son élitisme stupide, et sa rage contre lui même étouffent tout sur son passage, dévastateur… On se dit, que justement, les parents ne devraient pas communiquer leurs névroses à leurs progénitures et pourtant…
Un film, dans la pure tradition du cinéma Us indépendant : toujours en retenu, intimiste tout en évitant le regard voyeur racoleur, touchant sans être larmoyant, bref un très bon film sur un sujet sensible et diablement intéressant. Reste l'ultime question : qui gardera le chat ?
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