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Ce que dit la voix off au début du film fixe bien le cadre, alors allons-y gaiement :
« Kekexili, le dernier désert vierge de Chine. Cette plaine, a prés de 4700 m d'altitude... est le seul habitat qui reste a l'antilope tibétaine.
En 1985, des braconniers commencèrent a chasser l'antilope pour sa laine qui était très recherchée sur les marchés étrangers.
En quelques années, le nombre d'antilopes chuta de un million a moins de 10000. Une patrouille de volontaires civils anti-braconniers fut formée en 1993.
Menée par Ritai, officier de l'armée tibétaine a la retraite. La patrouille lutta férocement contre les braconniers, attirant l'attention du monde entier. Durant l'hiver 1996, des braconniers assassinèrent l'un des patrouilleurs. Mon journal m'envoya tout de suite faire un reportage. »
Basé sur une histoire vraie, vous me direz une fois de plus, en plus l’histoire a l’air un brin chiante.
Grand prix du festival de l’écologie de Paris l’an dernier, vous me direz, ouais c’est dans l’air du temps, Nicolas Hulot a une bonne tête, mais va falloir commencer à arrêter là.
Je vous dirai simplement que si vous en avez l’occasion, il n’y a aucune excuse pour passer à côté de Kekexili, ce truc est génial.
Le début du film prend certes l’allure d’un docu-fiction avec l’arrivée d’un journaliste au sein de la patrouille sauvage. Mais très vite, le film part ailleurs, sur la route à la poursuite des braconniers.
Et une chasse à l’homme sur les monts du Tibet ça a tout de suite de la gueule. Paysages superbes où la nature est reine, et où l’homme n’est qu’un animal étranger dans un univers hostile.
Mais Kekexili prend aussi tranquillement la forme d’un western rural et moderne. Duel à distance entre la patrouille et les braconniers, en attente du face à face final genre « cette ville est trop petite pour nous deux. », sauf que la ville, c’est une plaine immense et désertique.
Un énième volte face, une énième mue, Kekexili devient un grand conte existentiel, mais c’est quoi ce film ??? Tiens je vais faire mon Isabelle Giordano « une belle fable multi-genres qui ravira grands et petits. » Ok capiche, on va quand même pas s’arrêter là dessus.
On pourrait schématiser en disant que La Patrouille Sauvage, ce sont des hommes qui se battent pour un idéal contre des gens qui tuent pour gagner du fric. Dans ce cas-là, il aurait eu direct le prix du film alter-mondialiste au festival du Larzac, mais non les choses ne sont pas si simples.
Sous la caméra de Chuan Lu, tout est dans la nuance : certes les braconniers sont violents, mais ceux qui les chassent, le sont tout autant. Il pose avec justesse la question de la survie pour ces gens qui n’ont rien, ont-ils vraiment le choix ? Quoiqu’il en soit, C’est une guerre et comme toute guerre, ce n’est que folie.
Comme dans The Host, les genres se mélangent, se juxtaposent, mais ici, avec beaucoup plus de retenue, moins d’entertainment, ça passe comme de la vodka qui aurait le goût de l’eau, mais c’est tout autant frappé.
Arrive le moment pour moi, de sortir la phrase qui va définitivement vous donnez envie de le voir… « Je n’ai jamais promis d’avoir à nouveau de la couleur sur mes lunettes. »
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